Un pique-nique pour la consonance cognitive ?

Et si on arrêtait de s’en foutre, tous ensemble ?

C’est l’idée géniale lancée par Axel Lattuada, comédien et notamment personnage principal de la web-série Et tout le monde s’en fout ! qui rencontre un succès phénoménal depuis sa création il y a un an. Le dimanche 29 juillet plus de 200 personnes ont répondu présentes pour participer à cet événement vegan incroyable au parc Montsouris à Paris. Les mots d’ordres : autonomie, inclusivité, zéro déchet et bienveillance.
Interview d’Axel Lattuada, à l’initiative du mouvement,  par Christine Martin, membre du REV

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CM : Comment t’est venue cette idée d’organiser ce PIC-NIC POUR LA CONSONANCE COGNITIVE ? 

AL : Depuis le début de Et tout le monde s’en fout ! il a commencé à y avoir des gens qui suivent et une communauté qui répond présente, je me suis dit ouah, c’est génial ! Et avec TLMSF j’ai découvert que j’avais un engagement politique. C’est quelque chose que j’ignorais car je le rejetais (de par ma construction familiale. Bref.). Mais je culpabilisais et du coup il m’était compliqué de me revendiquer en tant qu’« artiste », croyant que je n’avais pas de message à délivrer. Et en fait je me suis rendu compte que si, que j’avais plein de choses à dire, que j’avais plein de convictions. Et que quand je disais ce que j’avais à dire il y a des gens qui me suivaient et qui trouvaient que ça valait le coup d’être dit. Donc ça fait longtemps que j’avais envie d’organiser quelque chose mais au début dans ma tête organiser un truc c’était quoi ? C’était une manifestation, c’était un mouvement contre – encore une fois – et à force de rencontrer des gens, de participer à certains évènements, notamment des festivals qui sont inspirés du Burning Man, où tout est fait pour quelque chose j’ai compris que c’était simplement le mouvement de l’énergie que tu mettais dans ce que tu faisais qui permettait que ça aille dans un sens ou dans l’autre. Et donc je me suis dit « OK, j’ai envie d’organiser quelque chose, j’ai compris cette notion de pour et pas de contre, je suis une feignasse, je n’ai pas envie de me prendre la tête, je n’ai de toute façon pas le temps, donc je me suis dit de quoi a-t-on besoin ? Et bien donne un point de rendez-vous pour faire un pique-nique où tout le monde sera autonome, où on ramène de la bouffe. Et qu’est-ce qui me tient à cœur en ce moment ? Quel est le message ? Quel est le truc que j’ai envie de transmettre ? Et bien le véganisme ! » J’ai constaté que c’était une chose qui fonctionnait parce qu’on est dans un état d’urgence en termes d’écologie et de plein de choses, et que c’est facile à mettre en place et ça a un impact. Donc je vais prôner ça en fait ! Et je me dis qu’avec le PIC-NIC pour la Consonance Cognitive il y a plein de sujets que l’on peut traiter. Ce n’est pas seulement l’idée d’être vegan. J’y ai ajouté le zéro déchet parce cela m’importe beaucoup aujourd’hui mais je pense qu’on va le faire plein de fois et sur de nombreux thèmes et ça c’est cool !

CM : Que souhaiterais-tu voir émerger à l’issue de cet événement ? 

AL : D’autres événements du même genre. Juste ça. S’il y a une personne qui repart aujourd’hui en me disant : « Ah, c’est cool le véganisme en fait, je vais m’y intéresser » pour moi j’ai gagné. Donc ce que je veux voir émerger c’est simplement que les gens rentrent chez eux ce soir avec le sourire en se disant : « Ah, c’était bien ! On a passé un bon moment. Il faudra qu’on le fasse entre nous ». J’aimerais que les gens le fassent entre eux. J’ai failli faire un truc, j’ai failli ne pas venir ! Parce que si je vais jusqu’au bout de mon message je ne viens pas ! Et je vous laisse entre vous passer un bon moment. Après ça me faisait chier de louper le truc tu vois ! Mais j’adorerais, faites-le ! En famille, chez vous, faites le lundi vegan par exemple. C’est cela que j’aimerais voir émerger, la conscience que les gens qui sont engagés dans un mouvement comme celui-ci, quel qu’il soit, ne sont pas contre moi. Ils sont pour un truc. Donc essaye de comprendre pour quoi ils sont, pourquoi ils font cela. Ils ne le font pas pour dire que je suis un connard parce que je mange de la viande, ce n’est pas leur but. Personne ne fait ça ! Il n’y a pas de gens méchants, il n’y a que des gens blessés, c’est ce que je dis souvent. Donc ce que j’aimerais c’est juste cette prise de conscience.

CM : Si l’homme est un animal, l’animal est-il une personne ? 

AL : Ah, c’est une bonne question ! La première réponse qui me vient, c’est oui. Ce n’est pas un débat de savoir si c’est une personne. En fait est-ce qu’un animal a les mêmes droits qu’une personne ? Oui. Est-ce qu’un animal est un être vivant qui mérite d’avoir les mêmes droits que nous ? Oui. Pour moi ça ne fait pas de débat. Est-ce que c’est une personne, je ne sais pas, je crois que ce n’est pas le propos. Il faut arrêter d’essayer de placer l’un à l’échelle de l’autre, de hiérarchiser les trucs, de réfléchir en vertical et il faut commencer à réfléchir en horizontal et se placer au même niveau. Je crois que c’est ça la réponse en fait.

CM : Depuis combien de temps es-tu végétarien ?

AL : ça fait un an, après en vérité si je suis honnête… Quand est-ce que tu détermines végétarien ? Parce que la vérité c’est que j’ai fait des écarts ; il y a des fois où j’ai craqué, j’ai déjà remangé un kébab une fois ou deux, j’ai mangé des sushis il y a quelques semaines. Après j’essaye d’être cohérent au quotidien et c’est pour ça que je me dirige vers le véganisme. J’ai l’impression que la bonne solution c’est toujours de se diriger vers, parce qu’atteindre c’est compliqué et si tu as un souci de perfection le fait d’atteindre peut te bloquer et te figer. Il faut surtout viser, et plus tu vises et plus tu avances, je crois.

CM : Que vas-tu manger aujourd’hui ? 

AL : Mais tellement de trucs ! J’ai mangé mon poids en nourriture depuis tout à l’heure ! Et que des choses tellement bonnes, et je suis très content parce que je voulais faire ça car je connais très peu la bouffe végane. J’ai découvert un petit peu, je sais que c’est bon et moi j’ai du mal à trouver des trucs à faire. Parfois j’ai mangé des choses que je n’ai pas aimées et mon cerveau a fait : « Ah, tu vois ! Tu avais raison en fait, on ne peut pas ! ». Mon inconscient… Et j’avais envie de me prouver que si, que ce n’est pas parce que tu rentres dans une conviction que tu vas tout aimer. C’est normal qu’il y ait des trucs que tu n’aimes pas. J’ai aussi eu envie de voir la variété donc j’ai mangé plein de choses. Du brownie au chocolat à l’avocat pour remplacer le beurre, c’était trop bon ! C’est ça dont on a besoin pour devenir vegan.

CM : Qu’est ce qui a déclenché une prise de conscience chez toi et comment as-tu géré cette transition alimentaire ? 

AL : Il n’y a pas vraiment eu de déclenchement, il y a eu une envie de cohérence et de petites prises de conscience une par une. Il n’y a pas eu d’Epiphanie où je me suis dit : « Oh, mon Dieu ! ». Si, il y en a eu une petite là il n’y a pas longtemps quand j’ai regardé le documentaire Cowspiracy. Je me suis dit : « OK, vas-y, je deviens vegan en fait, si je suis cohérent je fais ça ! ». Pas en me disant c’est mieux ou ça me va, c’est juste la seule chose à faire. Ce n’est pas que c’est la seule chose à faire, c’est que c’est clairement un truc pas compliqué à mettre en place qui peut avoir un impact direct et à court terme. Je crois en tout cas. D’après ce que j’ai compris, ce que j’ai lu et ce qu’on m’a dit. Clairement la viande c’est 51% de la pollution de la planète si je résume en un chiffre. Donc on peut manger avec des couverts en inox, on peut boire dans des bouteilles en verre et tout, c’est cool. Mais ce n’est pas ça qui aura le plus d’impact je crois tout de suite. Donc c’est ce qui a été le déclencheur.

Et comment j’ai géré cette transition ? En fait ça me fait du bien et c’est que du bonheur parce que je suis de plus en plus aligné avec ce que je suis, c’est-à-dire un être humain qui vit sur Terre. Donc ça ne peut faire que du bien. Il n’y a pas d’autre alternative, ça ne peut pas te faire de mal de faire ça. Donc il faut arrêter d’en avoir peur !  

CM : Que voudrais-tu dire à ceux qui continuent de consommer des animaux et/ou des produits animaux compte tenu des conditions que nous connaissons désormais ? 

AL : Je voudrais leur dire que ce n’est pas grave, leur dire ce que je viens de dire avant en fait ! Tout ce mouvement ce n’est pas contre les gens qui en mangent mais pour les choses qui sont mangées. Et en plus au-delà de la condition animale, parce que c’est une des convictions que j’ai, depuis pas si longtemps que ça… A la limite… A la limite !  Je peux comprendre qu’on me dise « Moi, la condition animale, j’en ai rien à foutre ! ». OK, mais au-delà de cela c’est la planète en elle-même qui est en train de foutre le camp, à cause de la viande, notamment. C’est l’une des raisons principales, encore une fois c’est 51% de la pollution. Donc pour moi c’est exactement la même chose que des gens qui seraient dans un appartement en feu, et tu viendrais leur dire « Il faut sortir de chez vous, c’est en feu, vous allez crever en fait ! ». (Rires) « Non, on s’en fout, les flammes ça ne nous regarde pas ! ». « Mais vous allez mourir en fait ! » C’est juste ça. Après il ne faut pas le dire comme ça, ou alors avec humour et il faut accompagner les gens. De même qu’il ne faut pas être frontal, il faut se mettre à côté et discuter sinon le message ne passe pas. J’ai donc juste envie de leur dire : « Quelque soient les problématiques que tu as par rapport au véganisme, si c’est les gens qui te sont rentrés dans la gueule et que ça t’a refroidi et que du coup tu considères que les vegans sont des connards… J’ai envie de te dire y’a des connards partout ! Dans tous les mouvements, dans toute la bienveillance du monde il y a des connards ! Donc va au-delà de ça. Ce n’est pas parce qu’un homme a un jour été un connard avec toi que tous les hommes sont des connards, normalement ! Et idem avec les femmes, avec les enfants, avec n’importe quoi. C’est pareil pour les vegans.

RENDEZ-VOUS AU PARC MONTSOURIS LE DIMANCHE 02 SEPTEMBRE A 12H00  POUR LE SECOND OPUS.

PROCHAINES DATES :

  • PARIS ET TOULOUSE LE 02 SEPTEMBRE
  • LIEGE LE 09 SEPTEMBRE
  • NANTES LE 16 SEPTEMBRE

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