Par Azelma Sigaux, auteure pour la REV

Face au manque cruel d’humanité des hommes politiques, face aux écarts qui, année après année, ne cessent de se creuser entre les classes sociales, face au poids des lobbies et aux abus des élus non sanctionnés, tous partis confondus, ne serait-il pas temps de crever l’abcès ?

Parti politique trop peu connu, la Révolution Écologique pour le Vivant ne manque pas d’audace : son programme propose de transformer en profondeur le modèle politique tel qu’on le connaît. Une initiative qui mérite qu’on s’y penche, malgré les réticences légitimes à faire à nouveau confiance.

Devant le constat d’échec, penser la politique autrement

Comme beaucoup, depuis plusieurs années déjà, je ne crois plus aux partis politiques. Du moins, pas tant que le système sera ce qu’il est. La verticalité à sens unique, l’effondrement de démocratie, la puissance sans limite des lobbies sur les dirigeants et l’impunité des élus font partie des nombreuses failles d’un modèle à bout de souffle qui m’a tellement déçue qu’il m’a perdue.

Même avec les meilleures idées du monde et la plus grande humilité qui soit, en l’état, un homme politique ne peut jamais mettre en place ce qu’il promet. C’est un fait. Et ce n’est pas seulement une histoire de volonté : il s’avère que dans une société ultralibérale et hypocrite, sans contrôle des élus ni garde-fous, un gouvernement sous la Vème République est voué à décevoir ses électeurs. Le pouvoir, et l’argent qui va avec, rend fou.

C’est bien connu : les chefs, à tout niveau, sont entourés d’une cour qui les coupe de la réalité du terrain. Déconnectés par les avantages et l’entre-soi dans lesquels ils se sont enfermés, les politiques sont aux ordres de puissances qui les dépassent. L’UE, les multinationales et les GAFAM sont en réalité nos véritables patrons, le président de la République et les ministres n’étant que des pions dans un échiquier où l’impuissance du peuple ne peut que le rendre fou.

Pourtant, certains proposent un tout autre projet de société : un gouvernement où la démocratie prendrait enfin tout son sens. Un système où les élus seraient remis à leur juste place : des « employés » au service de sa population. Sur ces points et à bien d’autres égards, la REV est la seule organisation politique en laquelle je veux bien croire actuellement, et sur le long terme.

Une refonte de l’idée de gouvernance

Si vous n’avez jamais entendu parler de la REV, c’est peut-être bien parce que ses idées ne collent pas à celles que l’on nous rabâche. C’est peut-être aussi parce que ses membres ne sont pas issus de la politique politicienne. Ils n’ont ni fait l’ENA, ni HEC. Uniquement bénévoles, mues par leurs seules convictions et leurs aspirations à changer le monde pour le rendre plus juste, les équipes de la REV travaillent dans l’ombre depuis 2018 sur un programme et la création d’une base solide. Lancée par le journaliste et essayiste Aymeric Caron et gérée par des militants pro-écologie, droits des animaux et justice sociale, la Révolution Écologique pour le Vivant mérite d’être connue.

Si ce parti a su éveiller ma curiosité dès sa naissance, et ce, malgré ma méfiance pour le monde politique, c’est à la fois pour la diversité des points abordés dans son programme et les conditions qu’il annonce mettre en place s’il était amené à gouverner. En effet, quelle ne fut pas ma surprise lorsque dans la partie « Vie démocratique », j’ai lu les points « révocation des élus », « mandat unique » ou encore « suppression du poste de président de la République Française ». En tant qu’utopiste et militante pro-démocratie, d’éducation anarchiste, je n’ai pu qu’ouvrir les yeux en grands.

D’autres points m’ont interpellée. Le parti propose la fin du scrutin majoritaire à deux tours au profit de modes de scrutin plus démocratiques. L’instauration de la proportionnelle et la reconnaissance du vote blanc font aussi partie des engagements de la REV. Des idées trop peu connues qui mettent en branle tout ce qui a nui à notre société depuis des générations, et qui remettent en question l’idée même de la politique.

Rien de figé, tout à construire : besoin de cerveaux et de mains !

Vous l’aurez compris, pour tout déconstruire en vue de tout reconstruire, la tâche s’annonce colossale. D’autant que, persuadé que tout est lié et que rien ne peut réellement changer sans un plan global (on ne peut concilier écologie et capitalisme, par exemple), le parti s’engage sur l’ensemble des pans de la société. Ainsi, même si la REV rassemble beaucoup  de militants issus des associations écologistes et antispécistes, elle aborde tous les sujets et n’en épargne aucun, y compris l’économie, le travail, l’éducation ou encore la politique migratoire ou étrangère.

Encore jeune, quoi qu’ambitieux, ce parti continue  donc de s’enrichir de personnes impliquées dans ces questions. Le programme lui-même est amené à se développer et à se préciser. L’équipe de la REV est en effet persuadée que ce n’est que dans la diversité et l’union que les étapes pourront être franchies dans cette démarche révolutionnaire. Car si le parti doit pour cela utiliser les leviers existants qu’il souhaite pourtant transformer (élections régionales, législatives et européennes, notamment), il compte bien assumer un programme novateur, construit par ses adhérents de façon pleinement démocratique.

Et si le Pôle Écologiste d’EELV a écarté  la REV dans son union pour des raisons de « programme radical » (quel compliment, dans une société absurde où toute opposition est, de fait, vue comme radicale), le parti ne compte pas baisser les bras. D’autres projets sont actuellement en discussion, en interne comme en externe.

La route est longue, semée d’embûches, mais la cause est noble. Si vous aussi, vous souhaitez mettre votre pierre à l’édifice, ou simplement leur poser une question, n’hésitez pas à contacter les équipes de la Révolution Écologique pour le Vivant, une organisation à taille humaine, toujours ouverte à la discussion et aux idées novatrices.

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