Loi EGalim : non assistance à vivant en danger !

Alors que le projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire porté par le ministre de l’agriculture Stéphane Travert continue d’être débattu à l’Assemblée nationale ce 29 mai 2018, une chose est désormais certaine : il s’agit à nouveau d’un rendez-vous manqué du législateur avec le vivant !

Après avoir rejeté tous les amendements qui visaient, si ce n’est à mettre un terme, du moins à réduire la souffrance et la maltraitance animales dans les élevages industriels et dans les abattoirs, les députés ont décidé cette nuit de ne pas inscrire dans la loi la sortie du glyphosate d’ici 2021. Ce alors qu’il s’agissait d’une promesse de campagne du candidat Macron, ce alors que deux pétitions signées par plus de 400 000 Français demandaient l’interdiction du glyphosate, ce alors que les témoignages d’apiculteurs nous alertant sur la disparition alarmante actuelle du nombre des abeilles se multiplient.

Nous constatons avec regret que la majorité actuelle se moque éperdument du vivant, qu’elle a choisi de sacrifier au nom d’intérêts partisans, ceux des grandes firmes agro-alimentaires. Emmanuel Macron et son équipe ont délibérément choisi d’ignorer les alertes des scientifiques du monde entier, les demandes des citoyens et les cris de souffrance des millions d’animaux non humains abattus chaque année en France. Qu’ils le sachent: un jour ils devront répondre de leurs actes. Ils comparaîtront sur le banc des accusés, comme complices de la disparition accélérée de la biodiversité, de la détérioration de notre santé, et du massacre généralisé des animaux non-humains. 

A l’opposé de cette vision réactionnaire et totalement dépassée de ceux qui se réclament pourtant du « nouveau monde », il faut dès à présent faciliter l’essor de l’agriculture de demain, tournée vers un modèle végétal, afin de supprimer la souffrance et l’exploitation animales, un modèle biologique et sain sans plus aucun pesticide pour sauver nos sols et les abeilles, un modèle qui rémunère correctement des paysans redevenus ceux qu’ils auraient toujours du rester, les gardiens de la biodiversité. Et c’est à l’échelle européenne qu’il faut le faire.

D’après un sondage Ifop/Fondation 30 Millions d’Amis daté de février 2018, 70 % de Français estiment que les animaux non-humains sont mal défendus par les politiques. Après l’adoption définitive de cette loi, ne nous étonnons pas s’ils sont au moins le même pourcentage à considérer qu’eux-mêmes sont très mal défendus par les politiques.

Aymeric Caron et Benjamin Joyeux, co-fondateurs du REV

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