Les éléphants, symboles de sagesse au bord du déclin

Par Célia Fontaine, Choeur du REV, illustration Elisa Lewis Artwork

Aujourd’hui, dimanche 12 août 2018, c’est la journée mondiale des éléphants. C’est également la journée internationale de la jeunesse. L’occasion pour le REV de rendre hommage à ces humains et non-humains qu’il est urgent de préserver pour l’avenir du Vivant.

Majestueux et doté d’une intelligence remarquable, le plus grand mammifère terrestre a de plus en plus de difficultés à cohabiter avec l’être humain. Braconnage, perte d’habitat, et conflits hommes-éléphants sont les principales menaces pour les pachydermes aujourd’hui.

Il ne reste plus que 415 000 éléphants dans la nature sauvage d’Afrique – un déclin honteux par rapport aux 3,5 millions et plus qui parcouraient librement les grandes terres du continent au début du 20ème siècle. Quant à l’éléphant d’Asie, il est inscrit sur la liste rouge des espèces en danger d’extinction de l’UICN, ses effectifs ayant diminué d’au moins 50% au cours des trois dernières générations. Aujourd’hui, il en resterait moins de 50 000 à l’état sauvage.

Les éléphants sont en danger uniquement à cause des humains qui les chassent pour l’ivoire depuis des siècles et qui restreignent leurs lieux de vie. Si ce comportement perdure, ils disparaitront pour de bon. Leur destin est entre nos mains.

Un rôle essentiel dans l’écosystème

Dans les écosystèmes qu’ils occupent (savanes, forêts, régions arides), les éléphants jouent de multiples rôles qui nous rendent service : ils disséminent les graines des arbres favorisant la reforestation, ils débroussaillent naturellement, créant des sentiers qui servent de pare-feux, ils rendent accessibles les eaux souterraines quand l’eau de surface n’est plus disponible, ils ouvrent des salines utilisées par de nombreux herbivores, et leurs excréments servent de réserves de nourriture à de nombreux insectes, oiseaux et primates.

Malgré leur indéniable importance, de nombreux animaux sauvages sont régulièrement arrachés à la nature.  

Le fléau du braconnage

Comme l’indique le WWF : «Le degré et l’étendue de la violence perpétrée par les braconniers et les trafiquants sur les espèces sauvages en général, et les éléphants en particulier, menacent la paix, la sécurité, l’état de droit et les conditions de vie des populations». En effet, les groupes criminels organisés sont non seulement impliqués dans le trafic d’espèces sauvages, mais aussi dans d’autres trafics (d’armes par exemple) et engagés dans la fraude, l’évasion fiscale, l’extorsion, la corruption et le blanchiment d’argent. 

Malgré cela, en mars dernier, les Etats-Unis ont discrètement réautorisé les chasseurs à importer sur le territoire américain des morceaux de gros gibier, notamment des défenses d’éléphants et des peaux de lion, tués dans certains pays africains. Une ineptie sans nom quand on connaît la situation dramatique dans laquelle se trouve ces populations d’animaux sauvages…

Capturer les éléphants reste une pratique néfaste

De nombreux jardins zoologiques mettent en avant les avantages de la captivité pour préserver les espèces sauvages en danger. Certains pays n’hésitent pas à continuer à prélever dans la nature des éléphants afin de garnir ces parcs.

Or, une étude qui vient d’être publiée le 9 août dernier dans la revue Nature Communications montre que les éléphants capturés dans la nature subissent un stress intense qui les affecte pendant des années. Ces animaux vivront moins longtemps que leurs congénères nés en captivité.

Capturer des éléphants est « néfaste parce que cela réduit la population sauvage d’une espèce en danger et que cela n’apporte pas non plus de solution viable pour une population captive durable», précise l’un des auteurs de l’étude.

Cent éléphants continuent d’être abattus chaque jour dans le monde. Comment pouvons-nous appeler notre monde civilisé lorsque nous menaçons directement l’un des plus grands cadeaux de la Nature? 

Puissions-nous, comme Tippi (illustration), la petite fille élevée dans la savane avec les animaux sauvages, vivre en cohérence et sagesse avec le Vivant, afin d’en finir avec un spécisme destructeur pour la planète toute entière… C’est l’objectif du REV, que nous vous invitons à rejoindre.

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