Journée internationale du tigre : protégeons ce symbole du Vivant!

Par Lilén Colle, adhérente REV région IDF

« Fauve » désigne à la fois les animaux sauvages et la couleur de leur robe dont le jaune tire sur le roux. Ces grands fauves connotent la liberté et une proximité sans égale à la nature. Parmi eux, le tigre vient avec célérité à l’esprit de chacun, et c’est avec cette même rapidité que sa population se fait décimer.

Les tigres, ces êtres forts et majestueux, comptent plusieurs sous-espèces différenciables par leur taille, leur pelage fourni ou aux rayures plus ou moins serrées. La robe du tigre constitue l’équivalent de l’empreinte digitale de l’homme, pas une n’est identique. Trois de ses huit sous-espèces ont déjà disparu, les autres survivent difficilement et sont en voie d’extinction. En un siècle, le règne de l’homme a engendré la chute de plus de 95 % de la population des tigres. Actuellement, leur nombre ne dépasse pas les 3900, ce qui inquiète et n’augure rien de bon.

En 2010, un programme visant à doubler la population de tigre d’ici 2022 a été mis en place par les 13 états du Tigre : Bangladesh, Bhoutan, Cambodge, Chine, Inde, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Népal, Russie, Thaïlande et Vietnam. Le nombre de ces félins estimé tournait alors autour de 3200. L’objectif semble aujourd’hui inatteignable malgré les 37 millions d’euros qu’a consacré le WWF à la protection de ces tigres. Il faut néanmoins prendre en compte l’absence de recensement de certains pays, ce qui rend uniquement une idée approximative de la réalité tout en participant à la diminution de ces imposants félins. 

Territoire

Il importe pour la survie d’un tigre qu’il puisse disposer d’un vaste périmètre afin de vivre et chasser en toute impunité. Globalement, un tigre habite sur environ quatre-cents kilomètres carré d’après les chercheurs, que ce soit en altitude, au sein de végétations à forte densité ou même dans les endroits marécageux.  Leur territoire varie selon le sexe des tigres et peut atteindre les 1000 kilomètres carré pour un mâle et moitié moins pour une femelle.

Avant le XIXème siècle, leur territoire s’étendait à la quasi-totalité de l’Asie, de l’Est de la Turquie à l’Extrême Orient de la Russie et sur les îles de Sumatra, Java et Bali. Désormais, leur espace s’est considérablement amoindri pour favoriser l’expansion des humains, ce qui les oblige à partager un même secteur. Seuls les treize pays cités plus haut permettent aux tigres de circuler librement, soit moins de 10% de la zone initiale.

Déforestation

La déforestation est l’une des causes principales de la réduction massive du territoire des tigres. C’est ainsi que la production de l’huile de palme sur l’île de Sumatra a retranché ceux de Sumatra dans des endroits isolés de la forêt alors qu’ils sont déjà listés comme en danger critique d’extinction. Concrètement, les insulaires ont vu leur forêt disparaître de 40% entre 1990 et 2010. De fait, cette espèce de tigre n’est malheureusement pas la seule victime, les éléphants de Sumatra le sont également. 

Au XXème siècle, l’homme a planté d’immenses forêts de teck sur l’île de Java, ce qui a rendu les tigres incapables de chasser convenablement pour assurer leur existence. Avec le tigre de Bali et de Java, celui de Sumatra fait partie des tigres de la Sonde, archipel indonésien comptabilisant 120 000 habitants. Le tigre de Sumatra est la seule espèce survivante de cette zone. 

Plus malchanceux, le tigre de la Caspienne s’est éteint dans les années 70, il y a cinquante ans. Grand et identifiable par sa longue fourrure ainsi que par sa collerette, il vivait en Russie, Mongolie, Iran, Turquie et Afghanistan. L’homme a délibérément détruit son habitat en le déboisant de manière critique afin de cultiver, ce qui a eu pour effet de raréfier les proies de ce grand carnivore. Afin d’optimiser l’agriculture, le gouvernement soviétique avait exhorté ses hommes à chasser les animaux sauvages. Le tigre de la Caspienne était déjà soumis à la pression humaine dans l’Antiquité, les Romains s’en procuraient pour les mettre dans les arènes. Il ne reste que très peu de photographies de ce félin, qu’il soit vivant ou mort.

Braconnage

Le dernier tigre de Bali a été tué en septembre 1937. De taille petite, il ne vivait que dans la partie ouest de l’île de Bali. Sa population a été exterminée lors des nombreuses parties de chasse auxquelles se livraient les européens. D’eux, il ne reste que quelques trophées macabres : des peaux et des ossements.

Le tigre de Chine méridionale est un sujet à controverse. Il se serait éteint dans les années 80 car Mao Tse Tung avait alors déclaré qu’il s’agissait d’un animal nuisible. Il fut traqué et massacré sans pitié. Il n’en reste que quelques-uns en captivité, le doute plane quant à ceux qui vivraient à l’état sauvage. Ce tigre est parmi ses cousins celui qui court le plus grand danger d’extinction. Sa réhabilitation est en cours, ce qui nous donne un peu d’espoir. 

La consanguinité chez les tigres

Les tigres blancs sont souvent présentés comme une sous-espèce à part. En réalité, le tigre blanc est un tigre du Bengale dont l’un des gènes a muté, lui conférant son pelage exceptionnel. Il diffère du tigre albinos qui est dénué de rayures. Le dernier à l’état sauvage fut abattu dans les années 50. Désormais, la plupart d’entre eux naissent en captivité de l’union de deux tigres blancs ou d’un tigre blanc avec un tigre du Bengale porteur du gène muté. Cela pose de sérieux problèmes de consanguinité avec des résultats désastreux tels que des maladies ou des handicaps. Leur existence est, elle aussi, sérieusement menacée.

En 2018, la disparition des tigres n’est pas une éventualité. Elle est réelle. Certains zoos présentent avec fierté ces augustes félins derrière leurs barreaux. Pourtant, comme chaque animal en captivité, un tigre qui n’est pas à l’état sauvage voit sa durée de vie restreinte de moitié.

Quelques attitudes peuvent éclaircir leur futur trop sombre dont l’homme est responsable et auquel il est lié. Il suffit de bannir tout aliment contenant de l’huile de palme, ignorer l’industrie du cirque à animaux et des zoos. Il est même possible d’adopter un tigre symboliquement pour participer à sa conservation. Ces actes simples et utiles sont à la portée de tous. En ce 29 juillet, pensez à eux. Chaque animal équilibre la Terre : les tigres nous sont nécessaires.

2 Commentaires sur “Journée internationale du tigre : protégeons ce symbole du Vivant!

  1. Brasseau says:

    Quel magnifique plaidoyer pour le tigre, animal unique, si fort et si fragile à la fois. Quel obscurantisme primaire sévit sur cette planète pour décider de rayer de la liste, ce symbole parfait de beauté, espèces « parapluie » à l’éco système. Pour que les tigres ne perdent jamais leurs rayures et qu’ils ne s’éteignent pas, à notre niveau, agissons.

  2. chauvin valérie says:

    Bravo pour cet article et la magnifique illustration d’Élisa Lewis. Contente que cela soit publié le jour de mon anniversaire. Beau cadeau.

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