Européennes : l’urgence est de voter pour le vivant

Malgré les cris d’alarmes répétés du GIEC sur le réchauffement climatique, ceux du WWF sur la disparition de la biodiversité ou les vidéos d’atrocités dans les abattoirs, rien de change. Aucune mesure d’envergure n’a été prise ces dernières années par nos dirigeants pour changer les choses. En France particulièrement, l’atonie gouvernementale et la frilosité des différents partis est non seulement dramatique, mais aussi coupable. Puisqu’il sera bientôt trop tard, puisque tous les signaux nous disent que la catastrophe est imminente, la voix du vivant doit absolument être portée et entendue lors des prochaines élections européennes.

Aujourd’hui, Libération nous fait publie une partie de la Tribune d’Aymeric Caron.
En voici la version intégrale.

Il semblerait que nous soyons en train d’oublier les enseignements du passé. Ainsi la Convention internationale de 1951 relative au statut des réfugiés, puis le protocole de 1967 qui la complète : cet engagement fort, affirmation solennelle d’un devoir d’accueil à l’égard de tout individu persécuté dans son pays en raison de ses opinions ou de ses origines, s’est imposé aux gouvernements à l’issue des horreurs perpétrées pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais aujourd’hui, face à des réfugiés syriens ou afghans, ces promesses semblent n’avoir plus aucun poids, sinon celui de l’embarras.

Ce n’est pas la première fois que nous sommes incapables d’écouter le passé. Notre histoire est jalonnée d’itérations dramatiques. L’inédit est notre surdité au futur, ce futur funeste pourtant écrit, annoncé, expliqué en détails par des scientifiques qui multiplient les cris d’alarme. « Demain il sera trop tard », écrivaient l’an dernier 15 000 scientifiques de 184 pays dans une tribune qui a fait la une dans le monde entier mais qui n’a pourtant pas suscité la moindre réaction des dirigeants. Pas plus que l’avertissement du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en septembre dernier : « Si nous ne changeons pas d’orientation d’ici 2020, nous risquons des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent. »

La catastrophe est en effet imminente : il s’agit de la disparition progressive du vivant. Le tout dernier rapport du WWF explique par exemple que les populations de vertébrés ont diminué de 60% au cours des quarante dernières années. 30% des oiseaux ont disparu des campagnes françaises en 15 ans et 75 % des insectes en Europe en 30 ans. Il y a 4 siècles, les 2/3 de la planète étaient recouverts de forêts, contre 1/3 seulement aujourd’hui. Les espaces sauvages, non affectés par les activités humaines, ne représentent plus que 23% des terres et des mers, contre 85% il y a un siècle.

Jamais dans l’histoire de l’humanité nous n’avons détruit à cette échelle ce qui nous entoure et nous fait vivre. La planète, contrairement à ce qu’on entend souvent, s’en remettra : en presque 5 milliards d’années d’existence, elle en a vu d’autres. En revanche, l’humanité pourrait ne pas survivre aux siècles qui arrivent, ni la grande majorité des espèces qui peuplent aujourd’hui la Terre.

Le pire est à nos portes, et nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas été prévenus. La catastrophe qui nous guette s’offre l’élégance de nous envoyer chaque jour des signaux de son imminence. Les 7 millions de personnes qui meurent chaque année à cause de la pollution de l’air, parmi lesquelles 600 000 enfants, ne représentent qu’un indicateur parmi tant d’autres. Le dernier rapport du GIEC, en octobre dernier, est le plus sombre jamais produit par le groupe d’experts. Il nous explique que même si les Etats respectaient les engagements qu’ils ont pris lors de la COP21 en 2015, la température moyenne sur Terre augmenterait de 3° d’ici la fin du siècle (par rapport à l’ère préindustrielle), contre le 1,5° affiché comme objectif officiel. Sauf que pour l’instant les Etats ne respectent pas leurs engagements. En France par exemple, les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2017. Résultat : le 1,5° d’augmentation sera atteint entre 2030 et 2052. Au rythme actuel, nous affronterons en 2100 une hausse de 4° ou 5° des températures.

Des chiffres. Vous venez de lire des paragraphes de chiffres. Cela vous a-t-il réellement bouleversé ? J’en doute. Ca ne fait pas peur, des chiffres. Et puis vous avez d’autres préoccupations : payer le loyer ou les impôts, trouver ou conserver un travail, obtenir un avancement, réussir l’éducation des enfants, trouver des vacances pour quelques semaines de détente… Et ce qui vous fait peur, c’est le chômage, l’insécurité professionnelle, la délinquance, la maladie ou la retraite. Mais comment des chiffres sur un désastre annoncé encore peu visible pour nous, Européens, pourraient-ils vous empêcher de dormir ? Ce qui fait peur, ce sont des ouragans qui emportent des toits, des flots qui dévastent des villes, des incendies qui rasent des villages, des corps qui flottent, des émeutes, des hommes et des femmes en guenilles qui fuient sans savoir où aller… Ce qui fait peur, c’est de vivre ces scènes, pas de les imaginer ou de les voir à la télévision, dans un pays lointain. Il nous faudra donc sans doute attendre encore un peu avant d’avoir tous vraiment peur. Mais pas très longtemps. Profitez de ces derniers instants de répit, de ce calme avant les tempêtes. Vos enfants n’auront sans doute pas la même chance.

Le GIEC nous laisse 20 ans pour tout changer. Sinon, nous pouvons dès aujourd’hui nous préparer à une augmentation des canicules et des sécheresses (en France, les températures d’été dépasseront 50° dans certaines régions), des tornades et des typhons, à un dérèglement des écosystèmes, à la destruction de la biodiversité (80% des oiseaux migrateurs pourraient disparaître d’ici à 2050), au développement de nouvelles maladies, au déplacement de centaines de millions de personnes et donc à des crises humanitaires et politiques qui déboucheront probablement en affrontements et en conflits armés. En Afrique par exemple, les chercheurs prévoient des récoltes divisées par deux, tandis que la population aura doublé en 2050. D’autres estiment qu’en 2070 la plaine de la Chine sera l’endroit le plus chaud de la planète et que 400 millions d’habitants actuels seront obligés de partir. Pendant ce temps d’autres parties du monde devront affronter la montée du niveau des mers comme le Bangladesh par exemple, où les presque 20 millions d’habitants de Dacca pourraient voir leur ville submergée. Même d’un point de vue économique, la destruction du vivant est une calamité : les services fournis gratuitement par la nature (ce qu’on appelle les « services écosystémiques », comme la pollinisation par exemple) représentent 125 000 milliards de dollars, soit 1,5 fois le PIB mondial. Si nous devions reproduire ces services artificiellement, notre économie s’effondrerait.

Nous ne sommes pourtant pas confrontés à un caprice divin que nous devrions accepter avec fatalité. Les solutions existent pour déjouer les prédictions. Les techniques de piégeage du CO2, en développement, ne suffiront pas. Le GIEC dit clairement que nous devons baisser notre consommation énergétique dans les bâtiments, l’industrie et le transport, que les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer de 45% d’ici 2030 par rapport à 2010, et que la part des énergies renouvelables doit passer à environ 80% d’ici 2050. L’ONU préconise de laisser sous terre la quasi-totalité des réserves de charbon, la moitié des réserves de gaz, et un tiers des réserves de pétrole. Nous devons donc investir massivement dans la recherche pour développer les énergies renouvelables. Il faut aussi arrêter les déboisements massifs (chaque année, une surface de forêts équivalant à un quart de la France disparaît) et replanter des arbres. Il faut aussi en priorité mettre fin à l’agrobusiness et inventer dès à présent l’agriculture de demain.

Le productivisme a généré des fermes gigantesques où les productions végétales, organisées par monocultures, engloutissent des pesticides et des engrais chimiques qui détruisent peu à peu les écosystèmes et mettent notre santé en danger. L’affaire récente des « bébés sans bras » de l’Ain, de Loire Atlantique et du Morbihan n’est sans doute que l’une des premières d’un énorme scandale sanitaire à venir : celui des malformations congénitales liées aux produits chimiques déversés sans précaution sur des champs situés à proximité d’habitations. Les élevages concentrationnaires, hors sol, complètent ce dispositif mortifère en souillant l’air et l’eau, tout en faisant commerce d’une barbarie démodée que nous avons aujourd’hui le devoir d’épargner à nos cousins animaux.

Cessons de fermer les yeux sur les dégâts considérables que cause l’agriculture actuelle : celle-ci est responsable de 70% de la déforestation dans le monde, notamment pour faire pousser du soja utilisé pour nourrir le bétail, et d’environ un quart des émissions de gaz à effet de serre, principalement du méthane provenant des élevages et du protoxyde d’azote issu des engrais azotés et du lisier. Par ailleurs, la France ne compte plus que 900 000 agriculteurs et 500 000 exploitations : des chiffres divisés par quatre en cinquante ans. Comme Henri Mandras l’avait prédit dès 1967, les paysans ont quasiment tous disparu, remplacés par des techniciens agricoles ou des ouvriers sous-payés, exploités par les groupes industriels et la grande distribution.

« L’agriculture est le premier métier de l’homme », écrit pourtant Rousseau qui poursuit : « c’est le plus honnête, le plus utile, et par conséquent le plus noble qu’il puisse exercer. » Nous avons le devoir de rendre sa noblesse à ce métier en lui redonnant son sens originel, celui de nourrisseur de l’humanité. Tous les esprits sérieux, conscients de la folie dans laquelle nous nous sommes engouffrés au nom du profit, savant qu’il faut en place dès aujourd’hui une transition agricole vers un modèle entièrement biologique, respectueux de la Terre et de ses habitants. Cela signifie qu’il faut redonner envie d’être paysan en offrant à chacun d’entre eux un revenu décent, afin de doubler le nombre ou tripler rapidement le nombre d’emplois dans le secteur pour faire face aux besoins de main d’œuvre générés par le retour à des pratiques saines, débarrassées par exemple de tout usage de pesticide.

L’agriculture que nous devons mettre en place dès aujourd’hui doit par ailleurs abandonner l’élevage. La viande est en effet l’une des causes du réchauffement climatique : elle génère 15% des émissions de gaz à effet de serre et les trois quarts des surfaces agricoles mondiales sont dédiées au bétail (pâturage ou céréales pour le nourrir). Tous les experts s’accordent à dire que nous devons donc diminuer drastiquement notre consommation d’animaux et de produits laitiers pour préserver la planète. Mais il convient d’aller encore plus loin en supprimant complètement la viande de notre alimentation. Cette fois, c’est l’éthique animale qui nous l’ordonne, à savoir ce devoir moral à l’égard des animaux non humains qu’ont fait naître les découvertes récentes de la science sur leur sensibilité, leur intelligence, et donc les souffrances que nous leur infligeons.

Les animaux ne doivent pas être épargnés que dans l’agriculture. Partout, dans tous les domaines, l’exploitation animale doit être abolie. Soyons clairs sur ce point : il ne suffit pas de nous donner bonne conscience en améliorant les conditions de détention ou d’abattage des animaux que nous élevons aujourd’hui pour nous nourrir, nous vêtir ou nous divertir. C’est trop facile. Nous devons abolir tout forme d’exploitation et de mise à mort des animaux. Nous devons leur rendre à tous la liberté et leur accorder à chacun le même droit de vivre. Les images monstrueuses qui nous parviennent chaque jour de tous les endroits du monde pour témoigner des barbaries que nous infligeons à des milliers de milliards d’animaux chaque année doivent nous obséder jusqu’à ce que nous les fassions disparaître.

Il s’agit là du combat fondamental du XXIème siècle, un combat de justice pour les vulnérables et les sans défense qui s’étend au-delà du cadre humain. Fin des élevages, fin des zoos, fin de la chasse, fin des spectacles où des animaux non humains sont mis en scène ou tués : la compassion que nous mettons en œuvre à l’égard des autres espèces est une condition sine qua non de la progression morale de l’espèce humaine. L’égalité des chances, la solidarité, les droits sociaux, la juste répartition des richesses, l’accueil des migrants, le partage du travail, le respect des opinions et des croyances, la liberté d’expression: tous ces sujets se répondent et se complètent pour quiconque se bat aujourd’hui pour un modèle de société humaniste. Il faut désormais leur adjoindre la question des droits des animaux.

La démission de Nicolas Hulot du Ministère de la transition écologique, il y a quelques semaines, est un événement dont la portée a été sous-estimée. Elle acte l’échec de l’écologie superficielle, ou « molle », qui avait pour objet de limiter les dégâts causés par un système économique qu’elle refusait de remettre radicalement en cause. Cette approche n’est plus adaptée à la gravité de la situation. Le « ni droite-ni gauche » longtemps défendu par Hulot, cette croyance que tous les partis politiques peuvent intégrer l’écologie dans leur logiciel, a vécu. Non, l’écologie n’est pas « supra-politique », comme aimait à le répéter Hulot. Elle est éminemment politique, tout simplement. Elle ne peut s’incarner qu’à travers des choix de société clairs, audacieux, assumés, qui impliquent des nouvelles méthodes de production et de consommation, et donc un renouvellement complet de notre économie. L’écologie ne peut être aujourd’hui qu’antilibérale. C’est pourquoi, sur l’échiquier politique traditionnel, elle sera classée à gauche. Les arrangements récents des Verts français avec le social-libéralisme, leur manque d’exigence sur le nucléaire ou sur la biodiversité, ont empêché toute protection effective du vivant. La démission de Nicolas Hulot, qui défendait une écologie similaire, a confirmé que l’écologie, pour être efficace, ne peut s’accommoder de compromissions négociées dans les palais.

De nombreuses associations ont permis aux consciences de s’éveiller ces dernières années, notamment sur les réalités de l’exploitation animale. Malheureusement, l’action associative a elle aussi montré ses limites : malgré les débats publics qu’elle suscite régulièrement, malgré le ralliement d’une grande partie de l’opinion qui réclame désormais une rénovation complète de l’élevage, l’interdiction de la chasse le dimanche, la fin de la corrida et l’instauration d’alternatives végétariennes ou végétaliennes dans les cantines, pas la moindre avancée législative n’a été obtenue sur ces sujets. Au contraire, le président Macron est revenu sur sa promesse d’interdire les élevages de poules pondeuses en batterie ou d’installer des caméras de surveillance dans les abattoirs. Il a également multiplié les cadeaux aux chasseurs en diminuant le prix de leur permis de chasse, en relançant les chasses présidentielles, en défendant la chasse à courre, en autorisant de tuer un nombre records d’espèces, en tolérant des méthodes de chasses cruelles, en acceptant que des forêts soient fermées aux promeneurs pour les laisser aux chasseurs, le tout à rebours des exigences morales de notre époque et de la volonté populaire, et malgré les accidents qui se multiplient.

Quoi qu’il en dise, le gouvernement actuel a fait le choix de l’anti-écologie. Le nouveau ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, refuse l’alternative végé dans les cantines. Dans une archive récente de Public Sénat on l’entend même déclarer fièrement devant quelques agriculteurs : « j’en ai marre des végétariens ! ». Le même Guillaume affirme ne pas être convaincu de la nocivité des pesticides, balayant d’un revers de la main toutes les études scientifiques sur le sujet. L’actuel gouvernement a par ailleurs choisi de maintenir l’exonération fiscale sur l’huile de palme dans les carburants, pour faire plaisir à Total, l’entreprise étant par ailleurs autorisée à forer au large de la Guyane, malgré la colère des associations. Même philosophie pour le projet Montagne d’or en Guyane, soutenu par Macron mais jugé comme un non-sens économique et écologique par le WWF. Et l’on pourrait multiplier ainsi les exemples. Quant à Yannick Jadot, la tête de liste d’EELV aux Européennes, n’est-il pas surprenant qu’il traite de « crétins » les végans qui abîment les vitrines des bouchers ? Certes, la stratégie de ces militants animalistes est regrettable puisqu’agressive, mais un écologiste sérieux ne peut ignorer qu’ils agissent par désespoir, en constatant l’inertie, les reniements, et le déni de démocratie des dirigeants sur la question animale. Jadot ne le comprend-t-il pas ?

Pas plus que Nicolas Hulot il est vrai, Jadot n’est végétarien. Il n’en éprouve pas spécialement l’envie ni le besoin. Tout est dit. Les Verts, puis EELV, n’ont jamais considéré la condition animale et la consommation de viande comme des sujets dignes d’intérêt. Ils ont toujours été davantage préoccupés par le nucléaire, la pollution des nappes phréatiques ou les transports propres. Mais en 2018, il est inconcevable de prétendre être le porte-parole d’un projet de société écologiste sans être soi-même au moins végétarien ou en transition pour le devenir. Le végétarisme, et a fortiori le véganisme, s’imposent comme une nécessité écologique pour des raisons sanitaires, pour la lutte contre le réchauffement climatique et pour le maintien de la biodiversité, évidemment, mais aussi tout simplement en raison du droit à vivre de tout animal non humain sentient.

Qu’elle est dépassée, cette écologie anthropocentrée qui considère que les animaux, comme le reste de la nature, sont au service de l’homme et de leurs plaisirs ! L’écologie du XXIème siècle ne peut plus être une écologie mathématique, qui se contente de calculer les quantités et les quotas de « ressources » végétales et animales que l’on a le droit de prélever pour ne pas mettre en danger la survie de l’espèce humaine. L’écologie qui doit aujourd’hui s’imposer est une écologie métaphysique, qui reconnaît non plus seulement une valeur utilitaire au vivant, mais qui lui accorde une valeur intrinsèque au vivant. Il ne s’agit plus de sauver le vivant en raison des services qu’il peut nous rendre, mais en raison de sa valeur intrinsèque. L’écologie moderne doit être éthique et mettre au cœur de son programme cette règle d’or : puisque nous, humains, avons le pouvoir de vie et de mort sur tout ce qui nous entoure, notre devoir est de protéger ce vivant au lieu de l’exterminer. Cessons d’être des tueurs. Devenons des tuteurs.

La résistance à la logique dominante d’exploitation de toutes les formes du vivant ne viendra pas des partis actuels, trop timorés quand ils ne sont pas complètement sourds. Nous devons porter non pas une contestation, mais une révolution. Je veux parler d’une révolution pacifique, non-violente, qui bouscule nos habitudes et nos logiques, une révolution qui renverse le pouvoir de la finance, de l’industrie, des spéculateurs, une révolution philosophique qui s’appuie sur deux valeurs phares : la responsabilité et l’empathie. Cela implique d’une part de toujours s’interroger sur les conséquences réelles de ses actes, et d’autre part de toujours essayer de se mettre à la place des individus (humains ou non humains) impactés par ces actes, et leur épargner toute forme de souffrance ou de discrimination dès que cela est possible.

C’est pour ces raisons que le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant (REV) a vu le jour il y a quelques mois. Non pas pour satisfaire les ambitions politiques de quelques-uns, mais parce qu’un tel mouvement était jusqu’à présent absent de la scène politique française. Le REV incarne en effet une écologie radicale, antispéciste, que nous appelons « essentielle ». Le REV remet en cause toutes les logiques dépassées qui ont engendré les maux que nous devons aujourd’hui collectivement affronter, à commencer par la référence obsessionnelle au PIB ou le culte de la croissance. Le REV promeut un modèle économique différent, qui intègre la modération comme donnée fondamentale, qui rejette le profit comme horizon, et qui privilégie le bien-être comme objectif pour chaque individu. Le REV est antispéciste : il réclame la fin de toute forme d’exploitation animale. Il prône aussi la sortie totale du nucléaire, une réduction du temps de travail à 25 heures par semaine, un revenu « universel » en échange d’une quantité de travail garanti et choisi, une refonte totale de nos institutions et nos modes de scrutin afin qu’ils soient réellement démocratiques ou encore un contrôle de la population mondiale pour enrayer la surpopulation. Le REV ne cherche pas à promouvoir des personnes mais des idées. Il défend donc le mandat unique, et ses porte-parole n’ont pas vocation à être eux-mêmes candidats à des postes électifs.

Depuis quelques mois, porté par une équipe entièrement bénévole, le REV se structure afin de grandir le plus rapidement possible et devenir une force écologiste incontournable. Plusieurs milliers de personnes nous ont déjà rejoints et notre premier objectif est de présenter une liste aux élections européennes de mai prochain afin de porter cette écologie essentielle qui défend les droits des animaux et du vivant sous toutes ses formes. La seule chose qui pourrait empêcher la présence du REV à ces élections est un manque d’argent. Le REV a en effet choisi l’indépendance et ne peut compter pour l’instant, comme source de financement, que sur les dons et cotisations de ses adhérents. Or présenter une liste aux élections européennes demande un budget de plusieurs centaines de milliers d’euros, dont le remboursement est tributaire du nombre de voix obtenues. Sur le site Internet du REV (rev-parti.fr), toutes celles et tous ceux qui souhaitent agir en faveur des droits des animaux et du vivant sous toutes ses formes peuvent donc nous rejoindre et nous soutenir. Pour réveiller les consciences et amorcer l’indispensable révolution, avant que nous n’y soyons forcés par le chaos.

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