Billet d’humeur de Maitane Sebastián, écrivain pour la REV 

Nous, les antispécistes, sommes plutôt bien placés pour déceler le panurgisme environnant.

Concernant la chasse, il y a vraiment quelque chose de particulier: c’est le joujou sanguinaire des surfeurs du pouvoir, comme des anxieux de la reconnaissance. C’est en France le collectif qui réunit tous les milieux, le vice qui relie tous les plus vils envers le vivant et vulnérable. On en parle même comme ďun « sport », un « loisir », un « temps convivial », une « façon de protéger la nature ». Avec eux, la vache qui rit et le bœuf couronné s’en font aussi une grande joie!

Et c’est que c’est bien un domaine dans lequel on touche à la « petite faiblesse » des assoiffés de domination. On a laissé créer leur bouc émissaire légal et officiellement admis pour évacuer leurs besoins primaires de carnage.

Alors un peu comme l’assassin qui ne peut s’empêcher de signer son crime, ou comme l’homme de pouvoir qui voit ses déviances sexuelles et sexistes mises au grand jour par ses adversaires, avec la chasse on touche à l’un des domaines ďinstrumentalisation de masse les plus puissants, puisque ces gens ne peuvent s’empêcher de la pratiquer, la vendant comme « activité indispensable », et qu’ils sont les seuls à lui donner une valeur ďéchange de bons procédés entre eux.

Les experts sont formels: la vie sur Terre dépend des espaces naturels et sauvages.

La réalité qui nous concerne tous (animaux sauvages ou autres non-armés) en ce moment est que la forêt n’est plus accessible qu’aux veneurs, malgré le confinement, et finalement, toute l’année.

L’idée selon laquelle la forêt aurait besoin des chasseurs pour qu’ils y lâchent leurs animaux « sauvages ďélevage » afin de leur tirer dessus, pour la remplir de tonnes de plomb et de douilles en plastique (et que par conséquent ces espaces libres de béton soient pollués et dangereux, voire inaccessibles), ou encore que la tradition de la chasse à glu serait du domaine du « patrimoine national à préserver », est une idée qui n’appartient qu’à ces quelques uns et qui est donc à débattre collectivement, puisqu’elle n’a aucune légitimité pour passer au-dessus de toutes les autres. En faisant le choix de se réapproprier les bons mots pour qualifier justement les choses, on ne peut que constater que certains médias, pour x et y raisons, avancent des propos très souvent orientés.

Le chiffre ďaffaires de la chasse est donc une somme qui serait d’autant plus intéressante si elle était redirigée dans la préservation de l’autonomie de la Nature et les réaménagements des espaces habités par les humains, afin de la respecter et de réduire notre impact sur celle qui, à force de la piétiner sans relâche, finira par devenir invivable.

Ouvrons la forêt aux personnes respectueuses et non armées, uniquement et définitivement, et laissons en paix les écosystèmes et leurs habitants, enfin ce qu’il en reste, afin qu’ils puissent trouver leur véritable équilibre. Et que tous ces drames cessent enfin.

Un commentaire sur “12 mois sur 12, on arrache des vies

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